Comprendre · Aménagement

Clôturer un terrain agricole ou naturel : quelles règles en 2026 ?

Le Code civil reconnaît le droit de clore sa propriété. Sur un espace naturel, ce droit se combine avec le PLU, les servitudes, la sécurité routière et la circulation des animaux sauvages.

La réponse en bref

Oui, un terrain non constructible peut en principe être clôturé, mais la clôture doit respecter les règles locales et les droits existants. Dans les espaces naturels situés à plus de 150 m d'une habitation, la loi de 2023 impose généralement une clôture laissant circuler la faune, avec des exceptions selon l'activité et la sécurité.

Faut-il une déclaration préalable ?

Les clôtures sont en principe dispensées de formalité, mais une déclaration préalable devient nécessaire dans plusieurs cas : si le PLU l'impose, dans un secteur délimité par la commune ou l'intercommunalité, aux abords de monuments historiques, dans un site patrimonial remarquable ou dans certains sites classés ou inscrits. La mairie doit donc être consultée avant les travaux.

Le règlement local peut encadrer la hauteur, les matériaux, la transparence ou le recul. Une clôture ne doit pas empiéter sur le terrain voisin, gêner la visibilité d'une route, fermer un chemin rural ni empêcher l'exercice d'une servitude de passage. Vérifiez les limites, le cadastre n'étant pas un bornage.

Que change la loi contre l'engrillagement ?

Depuis la loi du 2 février 2023, les clôtures implantées dans les espaces naturels et à plus de 150 mètres d'une habitation doivent permettre en tout temps la libre circulation des animaux sauvages. Le principe figure à l'article L. 372-1 du Code de l'environnement.

Pour les clôtures concernées, la règle générale prévoit une pose à 30 cm au-dessus du sol, une hauteur maximale de 1,20 m et l'emploi de matériaux naturels ou traditionnels définis par les documents régionaux. Elles ne doivent être ni vulnérantes ni constituer un piège pour la faune. Une clôture ancienne implantée avant le 3 février 1993 bénéficie d'un régime particulier, tandis que les clôtures plus récentes concernées doivent être mises en conformité avant le 1er janvier 2027.

Agriculture, forêt et sécurité : des exceptions existent

La règle de libre circulation ne s'applique pas de la même manière à toutes les clôtures. Le texte prévoit notamment des exceptions pour les clôtures nécessaires à une activité agricole, à la régénération forestière, à la protection de jardins et vergers, aux parcs d'entraînement de chiens de chasse, à certains domaines scientifiques, à la sécurité publique ou à la défense, ainsi qu'aux clôtures entourant une habitation dans la limite de 150 m.

Une exception ne dispense pas des autres règles. Une clôture agricole doit rester justifiée par l'activité, respecter le document d'urbanisme et ne pas porter atteinte aux servitudes. Pour connaître le régime précis d'un projet, adressez à la mairie un plan, la distance à l'habitation, la hauteur, le type de maille et l'usage protégé.

Six points à contrôler avant de poser les piquets

  1. Les limites réelles et l'existence d'un bornage.
  2. Le PLU, les secteurs protégés et la déclaration préalable.
  3. Les chemins ruraux et servitudes de passage.
  4. La distance aux habitations et la nature de l'espace.
  5. La nécessité agricole, forestière ou de sécurité invoquée.
  6. La perméabilité à la faune et l'absence de dispositif blessant.

Une haie locale, éventuellement doublée d'une clôture adaptée à l'usage, peut marquer la limite tout en conservant des continuités écologiques. Elle demande toutefois de respecter les distances de plantation et l'entretien.

Clore une propriété ne revient pas à isoler un milieu naturel. Le bon dispositif protège l'usage sans créer un obstacle inutile.